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La comparaison: un sabotage de l'estime de soi…pas toujours!

Dernière mise à jour : 6 janv.



- Mon collègue (camarade) a des facilités que je n’ai pas.

- T’as vu le succès qu’il (elle) a ? Elle (il) est plus brillant(e) que moi.

- Avec le corps qu’elle a, tout le monde l’apprécie et moi personne ne me remarque.

- Tout le monde réussi, sauf moi !

- Je me sens nul (le) quand je vois la vie des gens sur Instagram…


Ce type de pensées dites comparatives hantent de plus en plus de gens dans notre monde d’aujourd’hui. Les réseaux sociaux, mêmes professionnels, nourrissent davantage ce sentiment de frustration par comparaison car on y assiste à la vie des autres mais uniquement à son côté joyeux, et à succès, qu’ils n’hésitent pas d’enjoliver.


La comparaison… genèse.

Contrairement à ce qu’on puisse penser, la comparaison à l’autre commence dés l’enfance. Très tôt, les parents comparent, directement ou indirectement, leurs enfants entre eux, à ceux des voisins, des tantes et des oncles…et à tous ceux dont la progéniture possède, selon eux, des atouts enviables que leurs propres enfants n’ont pas.

Puis il y a l’école. Les enfants seront rapidement catégorisés : les sages, les sérieux, les rapides, les bavards, les agités, etc. Certains établissements scolaires « classent » mêmes les enfants dans des rangées ou des classes en fonction de leur réussite, altérant malheureusement l’estime de soi d’un grand nombre d’élèves. Ils sont ainsi notés, classés, corrigés voire méprisés et les étiquettes qu’on leurs a collé durent des décennies.

Ensuite, le classement des concours vient couronner cette phase juvénile pour marquer durablement toute la vie qui s’ensuit.


Frustration mais inaction !

Comment se sentir confiant lorsqu’on entend le parent dire que le grand frère est plus doué, que le professeur affirme que les classes précédentes étaient largement supérieures ou encore que le manager estime que le salarié n’est pas à la hauteur du reste de l’équipe ?

Toutes ces remarques, à répétition ou non, nous imposent des repères externes pour notre existence et finissent par diminuer notre estime de soi. Ayant appris la leçon, notre psyché, en tentant de nous prévenir contre l’exclusion sociale, nous génère des émotions fortes quand on se retrouve dans des situations qui nous rappelle, consciemment ou non, les comparaisons qu’on faisait de nous depuis notre enfance. C’est sa façon à lui de nous pousser à l’action pour nous aligner sur ces standards synonymes de « succès » et de « bonne intégration » appris dès notre enfance. Toutefois, et comme le passage à l’action ne trouve pas en nous suffisamment de confiance en soi pour agir, la frustration est encore doublée et peut tendre au désespoir.


La comparaison sociale… de l’ennemie à l’allié

Ceci étant, la comparaison n’est pas toujours synonyme de frustration ou de conditionnement. Elle est un mécanisme psychologique fondamental permettant à chacun de nous d’estimer sa propre valeur, ressembler aux uns et se démarquer des autres. Ce processus que l’on nomme la comparaison sociale a été théorisé en 1954 par le psychologue social Leon Festinger. Nous l’utilisons sans cesse pour mieux nous connaître et nous positionner face aux autres afin de préserver, alimenter ou améliorer notre estime de soi.

Toutefois, afin qu’elle atteigne son but, la comparaison sociale ne peut pas se faire tous azimuts. Selon les situations et circonstances, nous sommes censés choisir les personnes auxquelles nous souhaitons nous confronter :

- La comparaison latérale :

Il s’agit là de se comparer à un groupe ou à une personne que l’on juge identique ou proche de soi mais uniquement dans le domaine de la comparaison. Ceci est notamment pertinent lorsque l’on souhaite évaluer ses performances et tenter d’être « le meilleur » parmi les « adversaires » qui jouent dans la même cour afin qu’un réel enjeu existe et qu’une victoire ait un sens.

Elle permet aussi de conforter « la justesse » de nos opinions, choix et goûts qui deviennent « la » vérité quand les autres en ont les mêmes. Ainsi, nous nous sentons légitimes et forts face aux vents contraires.

- La comparaison ascendante :

Elle consiste à se comparer à quelqu’un que l’on estime supérieur à soi. C’est là le moteur de l’ambition, de l’envie de s’améliorer, de progresser et se retrouve particulièrement dans le monde professionnel. Cette forme de comparaison sociale permet elle aussi d’augmenter l’estime de soi puisqu’on pense avoir le potentiel nécessaire pour devenir le modèle positif qu’on cible. Du coup, notre cible devient accessible et cela procure une forte satisfaction.

Aussi, quand l’empathie est présente, nous pouvons se valoriser par procuration et se vanter des mérites d’un ami ou d’un proche. Seule condition pour que l’estime de soi se nourrisse des succès des autres : que l’on n’ait soi-même aucune ambition dans le domaine en question.

- Stratégie de rafistolage

Nous avons vu que l’individu peut effectuer des comparaisons sociales qui lui procurent un sentiment de satisfaction et de supériorité. Mais quand l’individu n’a pas le luxe de choisir sa cible de comparaison en fonction de sa situation du moment et que la confrontation lui est imposée par son environnement, la comparaison le déstabilise et a un impact immédiat sur son niveau d’estime de soi.

Une question s’impose : Est-ce que nous laissons notre entourage ulcérer notre estime de soi sans réagir ?

La réponse est non, l’être humain utilise différents stratagèmes pour redorer son propre blason. Ainsi, face au sentiment d’échec ou d’infériorité, nous avons tendance à :

  • Trouver de « bonnes » justifications pour ne pas se sentir trop mauvais;

  • Décrédibiliser l’autre quand il nous fait un peu trop d’ombre;

  • Créer de faux consensus avec nos pairs, en déformant leurs positions, afin qu’elles viennent sous-tendre les nôtres;

  • Utiliser la stratégie d’évitement en s’entourant de gens ayant des compétences complémentaires aux nôtres afin qu’aucune comparaison ne soit possible;


Regard de l’hypnothérapie humaniste:

La comparaison peut donc permettre aux êtres humains d’être contents de soi, de s’affirmer ou même d’avoir l’impression d’être supérieurs à ceux qui l’entourent, soit en tant qu’individu, soit en tant que membre d’un groupe. Néanmoins, cette constante menace qu’une « mauvaise » comparaison, à défaut du choix de sa cible ou de ses motivations, sape notre moral et provoque mésestime et frustration.

Le rôle de l’hypnothérapie humaniste est de permettre à chacun de regagner en estime de soi en coupant les liens avec tout ce qui a construit ses peurs (jugement d’autrui, perfectionnisme…) et croyances limitantes (mésestime de soi et de ses capacités). La thérapie permet aussi de se reconnecter à soi même pour bien comprendre son être dans sa profondeur et son propre chemin de vie. Il ne s’agir pas de s’isoler, mais de faire la part des choses. Ainsi, la comparaison sociale devient un moyen d’évoluer et crée cette volonté de faire mieux afin de goûter au divin plaisir de se distinguer.


 

Issam DAHMAN

Praticien en Hypnose Humaniste

Mail : Contact@deshypnose.me

Tél : +212 771 220 139

 

Sources :

  • Shelley E. Taylor et Marci Lobel, « Social comparison activity under threat : Downward evaluation and upward contacts », Psychological Review, vol. XCVI, n° 4, octobre 1989.

  • Rebecca T. Pinkus, Penelope Lockwood, Ulrich Dchimmack et Marc A. Fournier, « For better and for worse : Everyday social comparisons between romantic partners », Journal of Personality and Social Psychology, vol. XCV, n° 5, novembre 2008.

  • Stephen M. Garcia, Hyudjin Song et Abraham Tesser, « Tainted recommendations : The social comparison bias », Organizational Behavior and Human Decision Processes, vol. CXIII, n° 2, novembre 2010.




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