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Jusqu'à ce que nos blessures nous séparent..

Dernière mise à jour : 10 août





L’amour est la chose la plus naturelle au monde. Il suffit de remarquer comment c’est facile pour un enfant d’aimer et être aimé.

Toutefois, l’individu est partagé entre son rêve d’une véritable relation amoureuse passionnée et authentique et l’héritage des peurs, règles, rigidités, souffrance, culpabilité, peines et déceptions acquis de sa famille et des expériences précédentes..


Cet héritage pourrait même créer chez plusieurs individus une mise en valeur inconsciente des bénéfices d’être seul pour ne pas revivre le modèle observé chez les parents :

· Éviter la perte de l’identité,

· Éviter la souffrance,

· Éviter la perte de la liberté,

· Éviter les conflits etc.


Donc, si une partie de nous croit que l’amour peut nous détruire, elle fera tout son possible pour que nous restions, ou redevenions, célibataires malgré nos désirs et efforts de construire une relation.


Toutes ces peurs ne sont pas conscientes, elles constituent pour la personne des filtres invisibles l’empêchant d’être dans la relation désirée même si elle croie, consciemment, n’avoir aucun « problème » !


Mais pourquoi les autres humains cherchent à être en couple malgré toutes ces peurs et contraintes ?


- Les êtres humains ne se construisent que dans le co construction

Sans l’amour, sentiment et sexualité compris, la vie n’existerait pas. L’individu ne peut vivre de manière isolée, s’il n’était pas dans l’échange, il mourrait très rapidement. Et on parle là de la mort biologique comme de la rupture de transmission de ses gênes.

L’être humain est le seul être vivant à avoir une activité réflexive, à être conscient qu’il est conscient de lui-même. Cette rupture qualitative avec le monde animal change tout. L’homme se retrouve ainsi face à un paradoxe : il est le seul à ressentir le besoin de l’autre comme une menace pour son autonomie. Si j’ai besoin de l’autre, je lui donne un pouvoir sur moi, mais si je lui donne, c’est parce que j’en ai envie.


- Les pressions biologiques, psychologiques et sociales

Les connections physiques et psychologiques entre humains est un comportement absolument naturel. Chacun a plus ou moins besoin de ces liens sociaux étroits pour fonder des bases de sécurité et de confiance. Dès lors qu’une personne est seule, une pression biologique et psychologique peut se construire et fonder la peur d’être célibataire. Cette pression peut aussi venir de la société ou la famille elles-mêmes : nombreux sont ceux qui estiment qu’il est anormal d’être seul et que chacun doit être en couple et avoir des enfants en société,

Devenant excessive, cette peur peut devenir une anuptaphobie poussant la personne à vouloir être en couple coûte que coûte et considérer qu’il est préférable d’être mal accompagné que seul. De ce fait, Le statut de la relation prime sur la qualité de la relation. Plus est la peur d’être seul, moins la personne est à l’écoute de ses désirs, attentes et critères d’attraction à l’autre


OK ! mais qu’est ce qui nous attire chez l’autre ?


...et pourquoi croise-t-on des milliers de personnes et n’en aime-t-on qu’une seule ?


  • Question de statistiques ?

On a plus de chance de tomber l’un sur l’autre si on fréquente la même fac, la même entreprise, le même quartier ou le même club sportif… C’est mathématico-logique, la loi des probabilités. Les applications de rencontres sont principalement basées sur cette logique.

Mais, n’en déplaise aux obsédés des statistiques, cela ne signifie pas pour autant que les rencontres sont déterminées par les " affinités sociales "…


  • Question Biologique ?

Les signaux visuels, acoustiques, olfactifs et hormonaux du partenaire font craquer le cœur – ou plutôt les récepteurs. C’est moins rationnel que ça… !

Car on peut être surpris de voir qu’on a pu craquer pour une personne dont les attributs (biologiques) ne n’ont jamais attiré auparavant.


  • Notre cerveau-iceberg

Lorsque les psychologues essaient de comprendre comment fonctionne notre esprit, ils parviennent souvent à une conclusion surprenante : nous prenons souvent des décisions sans y avoir réfléchi – ou, plus précisément, sans y avoir réfléchi consciemment.


Cerise sur le gâteau, Les inconscients dialoguent ! Pour Jung, la communication entre inconscients et le fondement même des relations humaines. Vous ne pouvez pas être avec quelqu’un sans être complètement imprégné par cette personne

En amour, le phénomène vaut plus qu’ailleurs. Yves Depelsenaire dit par rapport à la rencontre amoureuse : « Ce qui est décisif, c’est l’écho que nous trouverons dans l’autre de notre propre symptôme, notre propre exil intérieur. Un je ne-sais-quoi qui résonne avec notre inconscient. »


On est attiré par l’autre parce qu’il entre en résonance avec tout ce que nous portons à l’intérieur de nous, blessures comprises …surtout ! C’est pourquoi l’autre nous est si familier. " C’est comme si on se connaissait depuis toujours ! " s’étonnent les amoureux, au départ surtout ! 😊


Voilà pourquoi on cherche un être qui ressemble à ce que l’on pense être ou à ce que l’on voudrait être, qui est ou qui a " tout ce dont on rêvait " !


Blessures et attirances ? comment ça marche ?


Nous cherchons donc à l’extérieur quelqu’un qui peut combler nos blessures intérieures. Une fois le partenaire trouvé, nous jouons aussi Inconsciemment le « conjoint idéal » pour combler ses blessures aussi.

Notre désir de fusion est tellement grand que l’illusion de la perfection l’emporte renforcée par des hormones puissantes qui endorment notre sens critique car le cerveau reptilien nous prépare à l’accouplement.

Cela prend jusqu’à deux ans. Quand les hormones tombent car le cerveau reptilien n’est plus dans une logique de reproduction, les illusions tombent aussi et les douleurs réémergent. Le couple passe au stade où les conflits prennent le dessus.

C’est comme si on se réveillait pour voir l’autre sous un nouvel angle : qualités, défauts, gouts et habitudes… et non le fantasme que l’on avait projeté. Le partenaire ne soigne plus nos blessures et nous parait plus égoïste. On va découvrir chez lui, inconsciemment, les défauts de notre père ou de notre mère. Bien entendu, nous ne ferons que rarement ce lien conscient…

Le couple s’équilibre plus ou moins dans une relation dominant-dominé. La vie semble faite de compromis et de sacrifices, de sentiments d’infériorité et de culpabilité qui peuvent, à l’extrême, déboucher sur des crises violentes ou des maladies terribles.


Des solutions à envisager ?


A ce stade conflictuel, le fossé est devenu trop grand entre les deux partenaires. Ils croient qu’il est nécessaire de se séparer et de trouver un autre partenaire, soi-disant plus conforme à notre « état d’être ».

La plupart du temps, même si le nouveau compagnon est différent dans la forme – ce qui permet l’illusion du renouveau – il sera toujours identique dans le fond, simple variante de la personne que l’on vient de quitter, car notre inconscient, lui, n’a pas changé et attire encore à lui ce qui lui ressemble.

Bien que nos rencontres puissent panser nos blessures, elles ne peuvent pas nous combler réellement. C’est à nous et à nous seuls, volontairement et indépendamment, de parcourir notre chemin de complétude, de guérison.


L’hypnothérapie peut aider le couple conflictuel à devenir conscient des blessures de chacun. Cette conscientisation permet au couple de comprendre la véritable portée des actions inconscientes sur sa vie de tous les jours. Il reste donc à soigner les blessures de chacun, pour arrêter de jouer à ce jeu qui fait mal. Cela les fera évoluer tous les deux.

Ainsi, on aura deux êtres amoureux sont complets, chacun de leur côté, ils peuvent s’aimer d’amour vrai. Comme le rappelait St-Exupéry : « Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. »



 

Issam DAHMAN

Praticien en Hypnose Humaniste

Mail : Contact@deshypnose.me

Tél : +212 771 220 139

 

Sources :

  • Patricia D'angeli, Psychothérapie Guérir ses blessures par la thérapie symbolique avancée, IFHE Edition.

  • Carl Jung : Le livre rouge

  • Alfred Adler . Connaissance de l’homme : Payot 2004





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